Bienvenue !

Vous le savez peut-être mon dernier spectacle tout beau, tout neuf et tout frais vient de sortir !
Il s’appelle Tiguidou – tout le mal que l’on se donne pour se faire du bien et tournera dans toute la suisse romande dès le mois de septembre 2015.

En voilà un petit résumé: Tout juste sortie de la Clinique des Lucioles, où elle a fait « tout ce qu’il fallait » – des séances de psy aux ateliers de terre glaise – elle organise une grande fête pour célébrer ses 39 ans et sa guérison. Et, pour faire plus simple, elle envoie un sms à l’ensemble de son répertoire… S’ensuit une soirée épique où se croisent : l’ami d’enfance, un boucher romantique, une québécoise allumée de la caisse, l’ex-mari et sa nouvelle amie, la copine « néo-baba-bobo-granola »…C’est à un bal insensé que nous convie la comédienne, qui brille avec ce nouveau solo par l’acuité de son regard sur les petites choses de la vie, et par la fantaisie avec laquelle elle déploie sous nos yeux une palette de personnages, tous plus vrais et plus rocambolesques les uns que les autres.

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Entretien avec Brigitte Rosset:

Propos recueillis par Hinde Kaddour

Qu’est-ce qui caractérise vos solos ?Mes solos sont à chaque fois marqués par des étapes de ma vie. Ils sont aussi toujours ponctués d’observations du quotidien : comme si je posais une loupe grossissante sur des petites choses qui pourraient paraître anecdotiques, et qui en réalité peuvent nous éclairer sur notre rapport aux autres et au monde. J’essaie toujours de faire en sorte que les spectateurs se reconnaissent dans ce que je raconte.

Vous partez à chaque fois de votre propre expérience…Oui, je m’inspire beaucoup de ce que je vis, je pars toujours de moi, de mon expérience. J’ai toujours trouvé dans ma vie une matière propice à écrire. Non pas que je vive des choses incroyables, hors du commun – au contraire ! C’est plutôt parce que j’ai l’impression que je passe par des étapes que nous traversons tous plus ou moins à un moment donné de notre existence que j’ai envie de les partager.

Si les gens se reconnaissent, c’est aussi, comme vous l’avez dit, que vous partez de vous, que vous n’optez jamais pour un point de vue globalisant…Oui, je ne verse jamais dans la théorie, je reste toujours au plus près, à fleur de l’expérience concrète. Je fais en sorte qu’on puisse se projeter dans ce que je raconte. Je pense par ailleurs que je ne saurais pas faire autrement. C’est le cheminement qui me convient, qui me ressemble. Je ne me considère pas comme un « auteur » dans le sens noble du terme. Je suis plutôt dans une forme de témoignage.

On a l’impression que vous improvisez sur scène…Le but est qu’on ait cette impression – je joue beaucoup avec ça, notamment dans ma manière de m’adresser au public. Mais en réalité, quatre-vingt-dix-huit pour cent du spectacle est écrit. Tout le travail réside dans la spontanéité de l’adresse. Tout le travail est d’effacer – comme toujours au théâtre finalement – les semaines de travail, l’effort. Pour moi, c’est surtout un problème de ton : il faut trouver le ton juste, celui qui fera que les gens auront l’impression que je m’adresse à chacun d’entre eux, même lorsque je joue devant plusieurs centaines de personnes. Un ton qui ressemble à une confidence de salon, à une conversation entre amis.

L’une des caractéristiques de votre travail, c’est aussi la manière dont vous « croquez » les personnages qui ponctuent vos histoires…Oui, je ne les fais jamais « entrer » en scène. Je ne cherche pas à en livrer une interprétation « exhaustive ». J’attrape un détail, un trait qui m’a marqué – une intonation de voix, une façon de se tenir, d’ouvrir les yeux – et le croquis est là. Il y a mes proches, il y a les gens que je croise par hasard dans la vie de tous les jours. Je « pique » aussi beaucoup aux gens que je rencontre dans le travail. Mais je le fais toujours avec amour, sans moquerie. J’aime regarder, observer les gens, voir ce qui les rend particuliers, différents. Trouver ce qui fait leur richesse, puis transmettre cette richesse, la montrer dans mes spectacles.

D’où vous vient ce plaisir de l’observation ?Quand j’étais adolescente, je voulais être photographe. J’étais déjà dans la même démarche. Je traquais ce qui au premier abord pouvait sembler anodin, et je choisissais mon cadre de manière à en faire ressortir l’étrangeté ou la particularité. C’est le regard que l’on pose sur les choses qui permet d’en révéler l’intérêt, la valeur.

Comment vivez-vous l’alternance entre vos solos et vos engagements sur des pièces de répertoire classique ou contemporain ?Mes solos me donnent une grande indépendance, me permettent de choisir. Par ailleurs j’aime beaucoup naviguer d’une expérience à l’autre. J’aime apprendre, découvrir, travailler avec de nouveaux partenaires, avec des metteurs en scène qui posent sur moi un regard neuf, un regard qui m’emmène ailleurs. Cette navigation m’est nécessaire, elle m’enrichit beaucoup. Elle enrichit aussi mes solos, en m’ouvrant à d’autres univers. Si je ne faisais que mes solos, je pense que je tournerais rapidement à vide.Quand j’écris aussi, j’ai besoin du regard des autres – dans le cadre du prochain spectacle, plus particulièrement des regards de Pierre Mifsud et de Jean-Luc Barbezat. Quand nous nous retrouvons, je raconte où j’en suis, j’amène du matériel, et eux me guident à travers cette matière, me font creuser ou abandonner certaines pistes. J’ai besoin de cette remise en question. Je n’aime pas travailler seule – j’aime me retrouver seule sur un plateau, mais pour la création, j’ai besoin de m’entourer.

Faites-vous une différence entre le one-woman show et le théâtre ?Aucune. Le one-woman show tel que je le pratique est une forme de théâtre, qu’on le veuille ou non… Il y a un soupçon qui pèse – qui a toujours pesé – sur le rire. Le soupçon que « ça n’est pas » ou que « c’est moins » sérieux. Moi, personnellement, dans ma façon de travailler, j’aborde les choses exactement de la même manière.